Conseils à l'entourage

 

  • Réagir vite avec l'aide d'organismes spécialisés
  • Surtout ne pas perdre le contact
  • Ne pas discuter sans fin
  • Ecouter l'adepte
  • Parler aussi paisiblement que possible
  • Et loyalement : "tu dis..., sache que nous pensons cela"
  • Semer des points d'interrogation qui lèveront en leur temps

 

 

1- Informez-vous sur l'ensemble du phénomène et sur le groupe auprès des organismes compétents en la matière (voir la page "organismes de préventions"). Une documentation peut vous être envoyée à votre demande ou un rendez-vous peut être envisagé.

 

2- Utilisez cette documentation pour faire comprendre à l'adepte que le groupe qu'il trouve si attirant peut être dangereux : pour sa santé, pour ses enfants, parce que la plupart de ces groupes exigent des ruptures avec la famille, le milieu amical, voire professionnel.

Mais ne rêvez pas : il est fort probable que l'adepte, même avec la documentation trouvée, ne vous croira pas. Le travail de manipulation mentale a déjà commencé et un adepte souvent n'est pas ouvert à ce moment-là au dialogue et à un échange raisonnable. Votre argumentation représente pour lui une agression, un manque de foi, etc...

 

3- Ne coupez jamais les ponts : même s'il quitte la région ou le pays, continuez à lui écrire. Essayez de le voir, de lui parler de ce qui l'intéressait auparavant. Vous devez être le gardien fidèle de sa personnalité d'avant.

Ne cédez pas au découragement : l'emprise d'un groupe sectaire peut durer plusieurs années. Continuez la relation et faites-vous aider par les associations compétentes.

 

4- Lorsque l'adepte sort de son groupe, attention aux rechutes prévisibles. Ne vous découragez pas. Continuez à le soutenir (aide d'un psychologue ou d'un psychiatre, retour à l'emploi, réunions avec d'anciens amis...).

Sachez qu'il faut - sans aide psychologique - environ 10 ans pour pouvoir parler d'une expérience sectaire. N'attendez donc pas de confidences, de regrets ou d'explications immédiates.

 

 

 

Conseils aux parents et aux proches

ADFI Nord-Pas-de-Calais-Picardie 2002

Reproduits intégralement, voici les conseils que donne l'ADFI Nord-Pas-de-Calais-Picardie1 aux parents et amis d'adeptes de sectes qui demandent de l'aide et veulent les amener à prendre conscience de la manipulation mentale dont ils font l'objet.

Voici une liste des comportements les plus efficients à adopter de la part des parents et des proches voulant soustraire un adepte à son nouvel environnement. Il convient de procéder prudemment et progressivement.

Admettre qu'on le reconnaît libre d'entreprendre une recherche, de faire un choix. Même si l'on pense qu'il se trompe, on lui montrera qu'il est apprécié pour lui-même, au-delà de ses convictions. Il est très important de revendiquer son droit à ne pas partager les croyances de l'adepte. Ce droit, en toute logique, ne vaut que si nous l'accordons à la personne concernée. L'adepte doit comprendre qu'en aucun cas nous ne nous laisserons séduire par sa doctrine mais que nous respectons son choix. Il ne faudra sous aucun prétexte donner de l'argent.

Essayer de s'informer objectivement sur lés théories de la secte et sur son vocabulaire, lire les documents internes d la secte, s'informer sur ses pratiques. La secte va s'employer avec force à remplacer les anciennes références de l'adepte par de nouvelles doctrines mais surtout par de nouveaux comportements, un nouveau vocabulaire, un nouveau mode de pensée. Devenues tees nouvelles références de l'adepte, ces éléments de connaissance sont indispensables pour maintenir le dialogue. En effet, pour continuer à communiquer, il est indispensable de connaître son nouveau langage, de comprendre ce qu'il vit, comment il est amené à fonctionner.

Rencontrer des ex-adeptes, mais aussi d'autres familles concernées parle problème. Témoigner, partager son expérience, ses souffrances, doutes et espoirs est très important pour les personnes touchées par le phénomène sectaire. Et si témoigner est un soulagement, s'apercevoir que l'on n'est pas seul face à son problème en est un autre. Ces personnes aideront à mieux comprendre ce qui arrive. Elles aideront aussi à comprendre ce qui se passe dans le groupe en question. Enfin, elles permettront de dédramatiser et de déculpabiliser.

Entretenir le contact, en particulier affectif, avec l'adepte. C'est la condition sine qua non du possible retour de l'adepte. Il est important par-dessus tout de garder le contact avec la victime. Dans un contact maintenu, compteront alors davantage la chaleur humaine, et l'affection sincère que le contenu des conversations ou correspondances. L'adepte doit savoir qu'il sera toujours bien reçu s'il se présente en tant que parent – et non en tant qu'adepte. Il doit être garanti que l'amour familial reste intact.

Ne pas l'attaquer à propos de son gourou, de sa croyance, de sa nouvelle philosophie. Il ne s'agit pas non plus d'approuver, ce qui serait à la fois malhonnête et maladroit. Mais, à trop argumenter sur les enseignements et la doctrine du groupe, on court le risque de provoquer une réaction de justification qui contribue à ancrer l'adepte dans son discours ; peut-être même à le rejeter vers le groupe où il pensera trouver une protection contre ce qu'il a ressenti comme une agression. Lorsque vous parlez à un adepte de ses croyances, vous déclenchez en lui un réflexe dû à son conditionnement et il va vous débiter le discours de la secte comme si vous aviez déclenché un magnétophone. La discussion de ses croyances ne ferait que les renforcer. Par-dessus tout, il faut éviter toute forme de violence et d'agressivité à l'égard des membres du groupe concerné. Cela ne contribuerait qu'à renforcer la barrière qu'ils tentent d'instaurer entre l'adepte et ses proches. De plus, il ne faut pas oublier que tout adepte est toujours une victime, quels que soient son rang et ses fonctions dans la secte.

S'intéresser à ce qu'il vit au quotidien, à ce qu'il vit d'intéressant à ses yeux. Il est primordial d'amener l'adepte à utiliser le "je". Noyé dans le mouvement, il est d'usage d'employer le "nous". En focalisant l'attention sur le ressenti personnel, les émotions vécues, on tente de réveiller ce "je" mis en veilleuse par le conditionnement du groupe. Dire "je", c'est se dissocier sensiblement du groupe ; cela permet de prendre un petit peu de recul et constitue le premier pas vers une remise en question.

Lui demander s'il se sent en paix, joyeux. Ce que ressent vraiment l'adepte ne correspond pas forcément aux sentiments qu'il affiche. Adopter un visage serein, souriant, ouvert quelles que soient les émotions ressenties fait partie de l'enseignement de certains mouvements. S'intéresser à ses émotions, c'est parfois mettre le doigt sur certaines contradictions, certaines douleurs masquées. C'est surtout montrer qu'il nous importe qu'il soit heureux… vraiment.

Lui dire votre joie de vivre, vos difficultés aussi mais comment vous les surmontez. L'enfermement sectaire fait qu'en dehors du groupe, il n'existe point de salut. En faisant part de son expérience, on s'efforce ainsi de montrer qu'il existe d'autres façons de vivre, de penser, qui peuvent être intéressantes, gratifiantes et sources de bien-être.

Poser quelques questions qui lui permettent de réfléchir lui-même, de commencer à douter. Il ne s'agit pas de porter un jugement, même de simple bon sens, de montrer qui a tort ou qui a raison, de relever les aberrations ou les absurdités. Mais il est possible, devant des contradictions évidentes pour nous, de poser des questions, de demander des explications. D'où l'importance de connaître les textes de base de la secte et ses principes d'action. Si les questions directes ne peuvent être reçues, il est tout de même acceptable d'introduire des sujets de réflexion, pourvu qu'ils n'apparaissent pas comme nécessitant un examen immédiat, ni ne soient perçus comme des manœuvres systématiquement à la contestation des croyances admises.

À chaque occasion favorable, lui opposer les références anciennes, les centres d'intérêt que l'adepte possédais auparavant, souvenirs familiaux ou d'amitié, vécus hors du groupe. Pour tenter de faire échec aux nouvelles références de l'adepte, il est utile de rechercher les vestiges d'aspirations à des idéaux et valeurs qui furent autrefois les siens. Leur valorisation pourra faire resurgir des interrogations positives sur certaines directives ou pratiques de la secte.

Essayer de comprendre. On ne quitte pas tout à fait par hasard sa famille, son cadre de vie, on ne se laisse pas si facilement entraîner si le terrain n'est pas déjà un peu préparé. Découvrir les aspirations qui n'ont pu être comblées permettra sans doute de mieux comprendre la réponse que le groupe semble apporter et donc à terme amorcer le dialogue. Le mieux est de procéder par un questionnement qui, en aucun cas, ne doit prendre la forme d'un interrogatoire, mais garder celle d'un dialogue amical et ouvert.

Le voir hors de son groupe, sans quoi la conversation ne servira à rien. À l'intérieur de son groupe, ou même en présence de membres de celui-ci, l'adepte est plus que jamais assujetti aux conditionnements et manipulations qu'il a subis. De plus, il est étroitement surveillé et souvent encourt le risque d'être dénoncé et puni s'il s'écarte de la doctrine : il ne peut laisser libre cours à sa personnalité qui était la sienne avant sa captation par le groupe. C'est pour cela qu'il est important de le voir hors de toute influence directe et si possible en des lieux familiers ou susceptibles de réveiller des souvenirs marquants de ses références passées.

Mobiliser la famille, les amis et se répartir les rôles. Chacun a une relation particulière avec l'adepte. Ces caractéristiques individuelles sont importantes c'est ce qui permettra à certains de dire ce que d'autres ne pourraient même pas se permettre d'évoquer. De plus, recentrer l'entourage autour de la victime, c'est parfois retisser des liens qui semblaient s'être un peu relâchés ou qui étaient moins prégnants. C'est reconstituer un milieu chaleureux, accueillant et protecteur, alternative au groupe sectaire et principalement possibilité acceptable de retour au moment où l'adepte se rendra compte de la manipulation dont il a été victime.

1.      ADFI Nord-Pas-de-Calais-Picardie (centre d'accueil et d'information sur les organisations sectaires totalitaires) 19, place Sébastopol 59000 Lille Tél. : 03 20 57 26 77 - Fax : 03 20 30 86 04 – E-mail : adfi59@aol.com.

 

 

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