LES FRUITS DE GAMALIEL

                                                                                                                                                                                  

A Paris, juifs et musulmans réunis contre la haine

Hier après-midi, sur le parvis de la mairie du 1er arrondissement de Paris, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées de manière pacifique, pour dénoncer la montée de haine en France. Le rassemblement se voulait apolitique et non partisan.

Main dans la main, Bettina et Lydia entonnent La Marseillaise . Ces deux amies, l’une de confession juive, l’autre de confession musulmane, sont venues ensemble au Rassemblement pour la paix, pour « donner l’exemple » . « C’est lamentable de transposer la violence du conflit israélo-palestinien dans un pays laïque et démocratique comme le nôtre » , déplore Bettina, 33 ans. Elle porte autour du cou une étoile de David qu’elle met « rarement » , mais qu’elle arbore aujourd’hui « symboliquement » .

C’est sur Facebook que les deux jeunes filles ont répondu à l’appel du rassemblement. À l’origine du mouvement se trouve une étudiante de confession musulmane de 18 ans, Celena Azouaoui, qui a créé une page sur ce réseau social. « J’ai été choquée par la montée de haine, de racisme et d’antisémitisme dans le pays. Je voulais montrer qu’on peut coexister sans se battre, malgré nos différences » , revendique la jeune fille, émue par le vaste écho reçu. En quelques jours, près de 4 000 internautes ont rejoint la page de l’événement. Sur le parvis de la mairie du 1er arrondissement, ils sont finalement moins nombreux à s’être déplacés. Mais les associations, qui avaient apporté leur soutien, ont fait le déplacement.

« On ne peut pas se laisser impressionner par les gens qui crient et qui se battent. La France n’est pas constituée que de ces personnes-là » , clame Dominique Sopo, le président de SOS Racisme, alors que résonne la chanson Imagine de John Lennon. Derrière lui, les participants brandissent des pancartes avec des messages de paix, « égalité » , « dialogue » , « diversité » … D’autres lèvent des fleurs blanches. Tous ont respecté la volonté de Celena : ne déployer que des drapeaux tricolores, dans une manifestation apolitique et non partisane.

« On est tous des citoyens de France , interpelle l’imam Rachid Birbach, venu d’Auxerre. Un mort est un mort, qu’il soit chrétien, juif ou musulman. Il faut arrêter le massacre. » « Nous sommes la majorité silencieuse, celle qui ne justifie aucune violence » , clame à son tour Sacha Reingewirtz, président de l’Union des étudiants juifs de France, qui invite au « dialogue et à l’éducation à la tolérance » .

À l’origine, le rassemblement devait prendre la forme d’une marche pour la paix. Pour des questions de sécurité, la préfecture de police de Paris a modifié la nature de la manifestation. « Cet événement et le message qu’il entend relayer représentent bien ce qu’est la ville de Paris, un endroit où on peut vivre ensemble » , conclut Patrick Klugman, adjoint à la maire de Paris, chargé des relations internationales.

La semaine dernière, l’association Bâtisseuses de paix (1), qui réunit des femmes musulmanes et juives à Paris et à Lyon, a entrepris une démarche voisine par le biais d’affiches montrant des femmes israéliennes et palestiniennes côte à côte malgré la guerre à Gaza. « Ce qui est possible là-bas, faites-le ensemble ici », interpelle le texte accompagnant ces photos de familles israéliennes ou palestiniennes endeuillées. L’association refuse l’importation du conflit israélo-palestinien en France. «  Il cristallise chez certains jeunes toute leur rancœur et toute leur frustration », regrette la présidente, AnniePaule Derczansky, qui a fondé l’association en 2002.

La Croix du 04/08/2014

 

A Jerusalem, des responsables chrétiens se rendent sur l’esplanade des mosquées, en solidarité avec les musulmans
Des responsables chrétiens se sont rendus sur l’esplanade des Mosquées, à Jérusalem, le 30 septembre 2013.
Des responsables des différentes Églises chrétiennes de Jérusalem se sont rendus à la mosquée Al-Aqsa, lundi 30 septembre 2013. Ils entendaient manifester leur solidarité avec les musulmans à la suite d’incidents sur l’esplanade des mosquées, rapporte le site Internet du Patriarcat latin de Jérusalem.
Le 12 septembre 2013, le ministre israélien du logement, accompagné de dizaines de colons extrémistes, avait pénétré sur l’esplanade des mosquées de Jérusalem et dans la mosquée Al-Aqsa, lieu saint pour les musulmans afin d’y faire une procession. Un événement considéré comme une provocation par les Palestiniens, et qui a engendré des incidents.
Lieu de tensions depuis de nombreuses années entre les Palestiniens et les Israéliens et entre les musulmans et les juifs, l’esplanade des mosquées est revendiquée par les deux parties et fait l’objet de violences hebdomadaires.
Cette intrusion aggravant encore la situation et mettant en péril un peu plus le processus de paix, des responsables des Églises de Jérusalem ont choisi de rendre visite à la communauté musulmane qui, par la voix d’un des mouftis, a qualifié cette visite d’« historique. »
Parmi eux se trouvaient Mgr William Shomali, vicaire patriarcal à Jérusalem, l’anglican Suheil Dawani ou encore le vicaire patriarcal arménien, Mgr Joseph Kelekian.

La Croix du 1er octobre 2013

Des chrétiens et des musulmans main dans la main au Pakistan après l’attentat meurtrier du 22 septembre

Plusieurs centaines de chrétiens et de musulmans ont formé une chaîne humaine, dimanche 29 septembre 2013, autour de l’église catholique Saint-Patrick, à Karachi, au sud du Pakistan. Affichant des slogans tels que « plusieurs religions, un seul Dieu », ils entendaient témoigner de leur soutien aux victimes de l’attentat qui a coûté la vie à 85 personnes et blessé plus de 140 autres, le 22 septembre, devant une église de Peshawar, à l’ouest du pays.
C’est l’action la plus meurtrière qui ait visé la petite communauté chrétienne du Pakistan (2 % de la population) depuis la fondation du pays, en 1947, rapporte l’agence Églises d’Asie.
L’objectif de la chaîne humaine formée autour de la cathédrale Saint-Patrick était de montrer que « l’harmonie interreligieuse entre Pakistanais est possible », a expliqué Mohammad Jibran Nasir, un des organisateurs de « Pakistan for All », à l’agence d’information catholique Ucanews.
Dans les heures qui avaient suivi l’attentat, Mgr Joseph Coutts, président de la Conférence des évêques catholiques du Pakistan, avait dénoncé un « acte honteux et lâche » et annoncé la fermeture durant trois jours, en signe de deuil, de toutes les institutions chrétiennes d’éducation. Peu après, en tant qu’archevêque de Karachi, il donnait son accord à l’initiative d’un groupe de croyants réunis sous la bannière « Pakistan for All » et soutenus par la Commission nationale Justice et Paix de l’épiscopat catholique.
« C’est le Pakistan dont je rêve : un clerc chiite, un pasteur protestant et un mufti sunnite, assis côte à côte sur les bancs de la cathédrale Saint-Patrick »
Répondant à l’appel d’une « journée de prière et de résistance au terrorisme », les anonymes et les personnalités qui ont pris part à cette manifestation étaient issus de milieux très variés de la société pakistanaise : politiciens, acteurs de cinéma, membres du clergé chiite, muftis sunnites, femmes et hommes, chrétiens et musulmans, sans omettre la présence de plusieurs hindous et sikhs.
« C’est le Pakistan dont je rêve : un clerc chiite, un pasteur protestant et un mufti sunnite, assis côte à côte sur les bancs de la cathédrale Saint-Patrick », a indiqué Mohammad Jibran Nasir, surpris du fait que ces responsables religieux, dans une ville pourtant connue pour la violence de ses affrontements entre chiites et sunnites, aient accepté de venir s’asseoir à l’intérieur de la cathédrale catholique de Karachi.
Aux participants de cette manifestation, le P. Sal Deigo, un des prêtres catholiques attachés au service de la cathédrale, a affirmé que « l’attaque contre l’église de Peshawar ne visait pas seulement les chrétiens ; elle était dirigée contre le pays tout entier. » Dans leurs réponses, le clerc chiite Agha Iftikhar Abid Naqvi et le mufti sunnite Faisal Japan Wala ont tous deux déclaré qu’il était nécessaire de promouvoir l’harmonie interreligieuse dans le pays.

La Croix du 1er octobre 2013

Chrétiens et musulmans se tendent la main

Plusieurs centaines de chrétiens et de musulmans ont formé une chaîne humaine, dimanche, autour de l’église catholique SaintPatrick, à Karachi, au sud du Pakistan. Affichant des slogans tels que « plusieurs religions, un seul Dieu », ils entendaient témoigner leur soutien aux victimes de l’attentat qui a coûté la vie à 85 personnes le 22 septembre, devant une église de Peshawar, à l’ouest du pays.

La Croix du 2 octobre 2013


 


 

Les musulmans manifestent leur soutien après la profanation d’une église lyonnaise

Les responsables du Conseil régional du culte musulman de la région Rhône-Alpes ont manifesté son soutien, vendredi 14 décembre, avec la communauté chrétienne de la région, après la profanation d’une église du 9e arrondissement de Lyon.

« Le conseil régional du culte musulman Rhône-Alpes, condamne avec la plus grande vigueur cet acte odieux », peut-on lire dans ce court communiqué. Le président du CRCM, Benaissa Chana, y indique également sa participation à la messe de réparation qui s’est déroulée vendredi soir dans l’église.

Dans la nuit du 27 au 28 novembre, l’église Saint-Rambert de Lyon (9e arrondissement), avait été profanée. Des objets liturgiques y avaient été volés, le tabernacle ouvert et l’autel fracturé. Dans un communiqué, le diocèse avait condamné « avec la plus grande fermeté ces actes inacceptables », en soulignant qu’il n’était « pas possible pour l’heure de connaître ni les auteurs, ni leurs mobiles ».

La Croix urbi et orbi du 17 décembre 2012
 

Inde : des dalits se baignent

aux côtés de brahmanes

Un tabou brisé grâce à un sociologue brahmane

ROME, 8 février 2013 (Zenit.org) - « Une centaine de membres de la sous-caste des Bhangis ont pris part, le 7 février, aux côtés de brahmanes, aux bains rituels dans la Sangam à l’occasion de la Maha Kumbh Mela qui se déroule actuellement près de la ville d’Allahabad (Uttar Pradesh) », rapporte « Eglises d’Asie », l’agence des missions étrangères de Paris, en soulignant qu’un tabou a été ainsi brisé.

A l’origine du bain rituel de ce groupe de Bhangis aux côtés de brahmanes, se trouve un sociologue, brahmane lui-même et ardent promoteur de la cause des Bhangis, Bindeshwar Pathak, ajoute EDA.

Et de préciser comment ce tabous est remis en question radicalement : « Outre ce bain purificateur, le groupe de dalits a été autorisé à séjourner dans les camps de toile mis en place pour accueillir les foules de pèlerins. Ils ont ainsi pu partager les mêmes lieux de vie que des ascètes hindous et d’autres membres de groupes religieux hindous. Ils ont dîné en compagnie du Swami Narendra Giri, un des très nombreux prêtres et personnalités hindous présents à la Kumbh Mela. »

L’agence Ucanews, qui rapporte l’information, cite les propos de Rajni Nanda, l’un des Bhangis qui a vécu ce moment inédit : « Je suis lavé et béni. » Un autre dalit, Guddi Athwal, témoigne en ces termes : « C’était comme une renaissance, notamment lorsque des prêtres hindous parmi les plus importants du pays nous ont accueillis et acceptés comme faisant partie de la société hindoue. »

Ouverte le 14 janvier dernier, la Maha Kumbh Mela s’achèvera le 10 mars prochain. A cette date, le plus important pèlerinage de la religion hindoue aura sans doute mis en marche quelque 100 millions de personnes.

Pour en savoir davantage :

http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/inde/2013-02-08-brisant-un-tabou-des-dalits-se-sont-baignes-aux-cotes-de-brahmanes-lors-de-la-maha-kumbh-mela-qui-se-deroule-actuellement-a-allahabad  

 

En Inde, des intouchables se sont baignés avec des brahmanes pendant le Kumbh Mela

Le 7 février dernier, une centaine de membres de la sous-caste des Bhangis ont pris part, aux côtés de brahmanes, aux bains rituels dans la Sangam à l’occasion du Maha Kumbh Mela auquel 70 millions d’Indiens auront participé près d’Allahabad (Uttar Pradesh), rapporte l’agence Églises d’Asie. Ce faisant, ils ont brisé un tabou profondément ancré dans les mentalités indiennes, devenant les premiers représentants de leur communauté, placée au plus bas de l’échelle des castes, à partager avec des hindous des hautes castes ce moment de célébration hindoue pour la purification des péchés.
Outre ce bain purificateur, le groupe de dalits a été autorisé à séjourner dans les camps de toile mis en place pour accueillir les foules de pèlerins. Ils ont ainsi pu partager les mêmes lieux de vie que des ascètes hindous et d’autres membres de groupes religieux hindous. Ils ont dîné en compagnie du Swami Narendra Giri, un des très nombreux prêtres et personnalités hindous présents à la Kumbh Mela.
L’agence Ucanews, qui rapporte l’information, cite les propos de Rajni Nanda, l’un des Bhangis qui a vécu ce moment inédit : « Je suis lavé et béni ». Un autre dalit, Guddi Athwal, témoigne en ces termes : « C’était comme une renaissance, notamment lorsque des prêtres hindous parmi les plus importants du pays nous ont accueillis et acceptés comme faisant partie de la société hindoue. »
Le pèlerinage endeuillé
Les Bhangis forment une sous-caste située au plus bas de l’échelle sociale. En dépit de la suppression du système des castes – suppression inscrite dans la Constitution de l’Union indienne de 1950 –, la discrimination dont ils font l’objet reste très forte. Les Banghis n’ont ainsi pas accès aux mêmes temples et aux mêmes puits que les autres castes. L’origine de la discrimination dont ils font l’objet tient à l’occupation dans laquelle ils sont cantonnés, à savoir la vidange quotidienne des latrines.
Débuté le 14 janvier et devant durer 55 jours, jusqu’au 28 avril, l’immense pèlerinage hindou qui a lieu tous les douze ans à Allahabad doit attirer un total de 70 millions d’hindous. Ce dimanche 10 février ayant été désigné par les astrologues comme le jour le plus propice pour se plonger dans les purificatrices du Gange, près de 40 millions d’hindous sont venus ce jour-là, mené par des sadhus nus et couverts de cendre, pour s’immerger dans les eaux glaciales du fleuve sacré, par ailleurs très pollué.
7 000 policiers déployés
Le Maha Kumbh Mela a par ailleurs été endeuillé dimanche 10 février par la mort d’au moins 36 personnes, écrasées dans une bousculade dans la gare de la ville, les balustrades d’un pont ayant cédé sous la pression de la foule. « Des gens se reposaient sur les balustrades, qui n’ont pas supporté le poids et les fixations ont cédé », a déclaré à l’AFP Ashok Sharma, un des porte-parole du gouvernement de l’État d’Uttar Pradesh.
Mais le ministre indien des chemins de fer, Pawan Kumar Bansal, a nié qu’une rupture de balustrades soit à l’origine de l’accident, et estimé qu’un trop grand nombre de personnes sur les quais pouvait avoir provoqué la bousculade. Selon d’autres témoins, la police a chargé la foule à la matraque. Des parents de victimes ont accusé la police d’avoir provoqué la panique et causé l’accident. Par ailleurs, il semble que les services de secours ont mis des heures à arriver sur les lieux.
Le premier ministre indien, Manmohan Singh, s’est déclaré « profondément choqué » par cette catastrophe. Plus de 7 000 policiers, épaulés par 30 000 volontaires, avaient été déployés pour cette journée la plus chargée du festival,. Mais les bousculades sont un risque permanent pendant les festivals religieux indiens, où le maintien de l’ordre et le contrôle de la foule sont souvent insuffisants. En octobre 2008 déjà, 220 personnes avaient péri près d’un temple dans la ville de Jodhpur (nord de l’Inde).

La Croix du 13 février 2013 Urbi et Orbi
 

 
 
 
 
 
 
 
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